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Course truquée: la vraie histoire

Il est 6 heures du matin, le centre d’entrainement de grobois s’eveille.
Situé dans le sud-est de l’ile de France près de la ville de Villecresnes, le centre d’entrainement de Grobois est le temple du trot. iI se situe à seulement 30 minutes de l’hippodrome de Vincennes ce qui facilite considérablement le confort des chevaux qui ne sont pas obligés de parcourir des kilomètres aller retour afin de disputer une course.
Les trois conditions sont réunies pour effectuer un bon travail:
gain de temps, d’argent et de fatigue, surtout pour le cheval de course.
L’hiver, de novembre à mars, durant le meeting d’hiver de l’hippodrome de Vincennes, il acceuille 1500 chevaux. C’est un cadre idyllique pour les professionnels et les chevaux. Les infrastructures sont géantes, 4 pistes d’entrainement, toujours parfaitement entretenues, dont une de 1500 mètres. La configuration des pistes est à chaque fois différente ce qui permet au cheval de s’habituer au changement de pistes selon les hippodromes. Rappellons qu’en France il existe 250 hippodromes, il existe également une piste couverte de 400m, une clinique vétérinaire spécialement dediée aux trotteurs. Le centre d’entrainement de Grobois possède, de plus, 40km d’allées dans les bois réservés aux promenades pour décontracter les chevaux.

Et c’est là que tout à commencer …

PIERRE DESIRE ALLAIRE: LE MAESTRO !

Si il y a bien un maître dans le domaine du trot c’est sans conteste Pierre Désiré Allaire. Force est de reconnaitre, il est plus qu’une figure, il est la pointure du trot. Dans l’entrainement des trotteurs, il a tout inventé ou presque. Les barres à gauche et  à droite pour les chevaux ayant des difficultés à  tourner, les oeilleres coulissantes afin de provoquer de la vitesse chez le trotteur notamment dans la ligne droite, les bouches-oreilles et bien d’autres artifices encore dont le cheval a besoin pour gommer ses defauts et même des sulkys en aluminium beaucoup plus léger. Dans le domaine de l’élevage là encore il a vu juste. En avance sur tout le monde, en avance sur son temps c’est lui qui le premier a testé l’elevage avec des mélanges de sang de trotteurs americains. Les trotteurs Francais ont ainsi pu acquerir des pointes de vitesse époustouflantes car si le trotteur francais possède de la tenue, il lui manquait la vitesse. Jean Pierre Dubois, autre grand professionnel a aussitot emboité le pas à Pierre Desiré Allaire dans cette voie, il est aujourd’hui l’un des plus grands éleveurs de France.

Allaire c’est le professionnel par excellence, le meticuleux, le metteur au point, l’innovateur, le découvreur de cracks, il obtient toujours la quintescence d’un cheval, c’est de plus un travailleur acharné qui est tous les matins dès les premières heures sur son sulky au haras de Retz, dans ses ecuries de Joinville le pont où il peut travailler ses chevaux sur la piste de l’hippodrome de Vincennes ou à Grobois.

C’est la fin des années 70 et les courses malgré qu’elles soient très populaires ne sont pas très rentables pour les acteurs. En effet les prix décernés aux gagnants sont modestes très modestes. Sur un hippodrome comme Vincennes, il arrive fréquemment que l’on recompense le gagnant par 3000 francs pour le premier 1500 francs pour le second et 750 francs au troisième, à peine le prix de l’avoine pour le cheval. La parité n’est pas respectée et les prix pour les purs sangs du galop sont beaucoup plus importants. Et pourtant le PMU enregistre des enjeux considerables sur ces courses de trot.

De quoi faire germer des vocations bien souvent contraire à l’ethique…

Avoir la vedette et être le roi du trot ne sert pas à grand chose si tous les matins on doit courir après l’argent pour nourrir son écurie.

Pierre-Désiré Allaire est, certes, un grand professionnel mais c’est aussi un homme  intelligent, très ambitieux et surtout determiné. Il est aussi joueur, il joue aux courses mais aussi dans certains cercles Parisiens tenus à cette époque par la mafia Corse. Cependant cet aspect de l’histoire avec les gangsters n’interviendra qu’après une première rencontre crucial dans la vie de Pierre-Désiré Allaire, ce fut avec Patrice des Moutis baptisé Monsieur X par la presse, cet aristocrate normand tout droit sorti de l’école central. Patrice des Moutis aimait passionnement l’équitation mais par dessus tout il aimait parier aux course de chevaux.

Le matin du 12 novembre 1958, un homme se présente au PMU, il a gagné le tiercé 35 fois dans l’ordre et 35 fois dans le désordre soit la somme de 22 millions d’anciens francs, une somme énorme pour cette époque et ce, pour une mise d’environ 3000 francs. Son système est très simple, il a choisi une course à tiercé.
A cette époque il y en avait un le dimanche. Il est parti d »un cheval de base, il a éliminé 9 chevaux qui pour lui n’avaient pas de chance d’être à l’arrivée, il marie son favori avec les 7 chevaux restants en les placant deux par deux et dans tous les ordres.
Patrice des Moutis continue sa progression, la fois suivante il touche le tiercé 500 fois dans l’ordre et 2500 fois dans le désordre. Le PMU s’affole, Carrus son directeur et l’inventeur du tiercé demande d’urgence à voir Marcel Boussac président de la société d’encouragement du cheval francais. La décision est prise, il faut réformer le PMU, mais il faudra des mois avant d’obtenir les décrets et en attendant Patrice des Moutis s’amuse, il passe le plus clair de son temps à encaisser ses sommes gagnées au PMU.

Le decret est enfin effectif, il sera désormais interdit de jouer plus de 20 fois un tiercé sur un seul ticket, qu’à cela ne tienne le dimanche suivant Patrice des Moutis joue 6 chevaux dans le tiercé en combinaison complète, c’est à dire dans tous les sens pour le toucher dans l’ordre et le désordre,  il joue son tiercé dans 92 PMU differents avec 92 tickets differents et rafle ce jour là 55 millions d’anciens francs.

Le PMU est aux aboies, il opte pour un nouveau décret. Une seule personne aura le droit de jouer 20 fois la mise dans un tiercé et le faire jouer par une tierce personne deviendra un délit puni par la loi. Patrice des Moutis qui jusqu’ici gagnait légalement va devoir changer ses plans. Ou il devra se contenter de ne jouer que 20 fois le tiercé ou bien il devra sombrer dans la marginalité et l’illégalité .

Le 7 décembre 1962,  83 parieurs en France, dans 83 PMU differents, touchent 20 fois la combinaison ordre et desordre du tiercé, parmi ces personnes se trouvent le beau-frère et le tailleur de Patrice des Moutis. Les gains s’élèvent à plus de 4 millions de francs. Cette fois ci ce n’est plus pareil, le couperet tombe, les sommes sont bloquées et une plainte est déposée pour tentative d’escroquerie.

Patrice des Moutis devient Monsieur X !

L’enquête continue et l’on apprend que 45 des 43 intermediaires pour jouer les tiercés sont des repris de justice fichés au grand banditisme et parmi eux les célèbres frères Perret qui après avoir pris la place de la fameuse bande dite « des trois canards » ont dûs par la suite céder le terrain Parisien aux tonitruants frères Zemmour.
Les courses truquées et les paris illégaux avaient pour l’instant eut lieu sur les courses de galop, avec l’aide du « milieu » Parisien. Il est certain que si Patrice des Moutis enlevait 9 voire 10 chevaux sans aucune appréhension c’est que ces mêmes chevaux etaient « bigornés » c’est à dire retenus par leurs jockey, le milieu payait grassement certains jockeys afin de « tirer » retenir leurs chevaux et si parmis ceux là il y avait les favoris les rapports des tiercés n’en etaient que plus juteux, le seul lésé dans cette histoire était le petit parieur, en effet c’est avec la multitude de petites masses jouées les dimanches que Monsieur X et ses complices « faucheront la France « .

Après sa sortie de prison Patrice des Moutis se suicidera dans sa villa de Saint Cloud d’une balle dans la tête.

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